Le folklore au cœur de Namur

Chaque année durant les Fêtes de Wallonie, le CCW a à coeur d’entretenir et de perpétuer les traditions populaires. C’est pourquoi différents groupes folkloriques et musicaux sont mis à l’honneur le samedi après-midi des Fêtes de Wallonie dans les rues de Namur.

Les Échasseurs Namurois

Les Échasseurs namurois existent depuis 1411 et depuis lors, la tradition de monter sur échasses se perpétue. À tel point qu’ils ont posé leur candidature afin d’être reconnus au patrimoine culturel immatériel de l’humanité auprès de l’UNESCO. Le CCW soutient bien évidemment cette démarche.

Suivant une légende qui remonterait au début du XIVe siècle, le noble et puissant Jehan de Flandre, alors propriétaire du Comté de Namur, assiégea la ville de Namur et la réduisit par la famine. Le comte Jehan refusa le pardon imploré par les notables de la cité en déclarant « Nenni, Nenni, point de pardon que vous veniez à pied, à cheval, en bateau ou en chariot ». Malicieux, les Namurois se présentèrent au Comte, montés sur des échasses. Compatissant et amusé de cette ruse, ce dernier pardonna.

Mais une version beaucoup plus plausible de ce célèbre jeu est donnée par l’historien Félix Rousseau. Au Moyen-Âge, à chaque crue de la Sambre, de la Meuse ou du Houyoux, les rues de la ville se trouvaient sous eau. Peut-être en pareille circonstance, les Namurois prirent-ils l’habitude de se servir d’échasses.

Comme il arrive souvent, un exercice imposé par la nécessité finit par devenir un sport. C’est à ce jeu que les jeunes faisaient montre de leur force, de leur adresse et de leur agilité. Ils étaient divisés en deux groupes : l’un sous le nom de Mélans groupait ceux de la ville ancienne (le centre historique) et l’autre, les Avresses comprenait ceux nés dans la nouvelle ville (la Neuville).

Chaque groupe avait son capitaine et son drapeau et se distinguait par la couleur des échasses : celles des Mélans, jaunes et noires, et celles des Avresses, rouges et blanches. Les combattants n’avaient pour armes que leurs coudes et les coups qu’ils se donnaient échasse contre échasse pour renverser l’adversaire. Les jouteurs s’efforcent de faire tomber l’adversaire en utilisant divers procédés : bourrades de l’épaule, parades de coudes, « côps d’pougn è stoumac », blocages de l’échasse, génuflexions et bien d’autres…

Très populaires, les combats de masses, qui pouvaient rassembler parfois plus d’un millier d’Échasseurs sur le Marché Saint-Rémy, furent à maintes reprises interdits par les autorités locales, qu’elles fussent autrichiennes, espagnoles… ou namuroises. Par ailleurs, beaucoup de grands personnages ont assisté avec ferveur à des combats d’apparat organisés par l’échevinage en l’honneur de leurs hôtes de marque comme Philippe le Bon, Charles Quint, Pierre Le Grand, Louis XIV, Napoléon Bonaparte ou le roi Léopold Ier.

Aujourd’hui, les deux compagnies d’Échasseurs, montant des échasses identiques à celles de leurs ancêtres, joutent en diverses occasions tant à Namur qu’à l’étranger. Ils participent à de nombreuses manifestations internationales folkloriques.

Plus d’infos sur le site officiel des Échasseurs.

Les Alfers Namurois

Le groupe des Alfers est composé d’une douzaine d’hommes et femmes de 7 à 77 ans. Une clique de trois tambours et de deux fifres a récemment été développée afin de les accompagner lors de ses spectacles et parades.

Lors de leurs représentations, les Alfers exercent le « jeu du drapeau », qui est d’origine militaire. Au XVIe et XVIIe siècle, durant la période des Pays-Bas espagnols, puis autrichiens (sous Charles Quint, Philippe II, Albert et Isabelle, Philippe IV, Charles II et Charles VI), chaque compagnie d’infanterie possédait un drapeau particulier confié à un officier : le porte-drapeau. Au cours des parades, le porte-enseigne « jouait du drapeau ».

Le jeu, confié à une belle et noble personne, était considéré comme un art véritable. Il y a l’usage italien (le plus ancien), espagnol, autrichien, allemand, suisse, etc., usages qui ont laissé des traces dans le folklore de ces divers pays. Le jeu du drapeau, en vigueur dans le Namurois, le Brabant et en Flandre, dérive de 500 ans de pratique quasi continue. Le nom traditionnel du joueur de drapeau est Alfer ou Alfere. En vieux français, il se disait Alfier ou Alfiere comme il se nommait en Italie. Ce terme dérive certainement depuis l’antiquité ou le porte-enseigne (de l’aigle) dans les légions romaines s’appelait l’Aquilifer.

Le jeu du drapeau est un exercice splendide. Pratiqué dans les fêtes namuroises depuis 60 ans, il est exécuté à la fois par plusieurs Alfers, en costume du XVIIe siècle. Il s’exécutait au son d’un vieil air traditionnel, qui semble remonter au XVIIe siècle. Le jeu traditionnel de Namur, pratiqué avec de grands drapeaux, ne présentant pas de figures lancées, comme leurs homologues italiens, témoigne de l’ancienneté du jeu. Depuis 2007, un deuxième jeu plus aérien a été développé. Celui-ci permet aux Alfers de lancer leurs drapeaux de plusieurs manières. Ils ont été appréciés en France, en Louisiane et à Taïwan.

Plus d’infos sur le site officiel des Alfers.

La Frairie Royale des Masuis et Cotelis Jambois

La cité mosane de Jambes (Namur) a présenté pendant des siècles un aspect rural très prononcé. Sur les coteaux, les Masuis cultivaient la vigne et le houblon alors que sur les bords de Meuse, les Cotelis s’adonnaient à la culture maraîchère.

C’est au début de 1960, sous la houlette de Messieurs Mosseray et Briac, que fut créé le groupe folklorique. Son objectif principal est de ressusciter et de maintenir par la danse les traditions ancestrales de la région. Copiés et dessinés d’après des tableaux et des gravures exposés au Musée de Groesbeeck de Croix à Namur, les costumes sont ceux qui se portaient les dimanches et jours de « dicausses » au XVIIIe siècle.

Le répertoire de danses est très varié. Axé principalement sur la danse traditionnelle de Wallonie, le groupe fait revivre matelotes, quadrilles, passe-pied et autres pas traditionnels, en veillant à conserver leur esprit et exactitude. Les musiques interprétées ont pour la plupart été retrouvées dans des carnets de ménétriers, et spécialement pour notre région, dans les carnets d’un musicien jambois, Monsieur Van Den Bril. Certaines chorégraphies ont été créées pour figurer dans le cadre de pièces de théâtre wallon, de même que pour accompagner des musiques composées par E. Montellier. Au répertoire : Branle de Mariembourg, Maclotte Jamboise, Valse de Wallonie, Quadrille d’Honneur de Sclayn et d’autres.

Plus d’infos sur le site officiel des Masuis.

Les Molons – Société Royale Moncrabeau

La Royale Moncrabeau est probablement la société folklorique la plus ancienne de la Wallonie, car si elle fut fondée en 1843, ses origines remontent à la fin du XVIIIe siècle. Moncrabeau, étant une société chantante, se devait de posséder son orchestre. Elle eut comme premier directeur musical le musicien aveugle Nicolas Bosret, qui a joué un rôle de tout premier plan dans l’organisation et les orientations de la société.

Les Molons restent fidèles à leur devise, plaisir et charité, dignes successeurs de 1843, ils sont fiers, à juste titre, de servir sous la bannière de ces semeurs de joie et de réconfort. Servir, car la société Moncrabeau n’a jamais failli à son devoir envers les pauvres, et cela depuis plus de 150 ans. À plusieurs reprises, les Molons ont fait preuve d’un véritable héroïsme, notamment au cours des épidémies de choléra en 1849 et en 1866.

En septembre, ils organisent la quinzaine de collecte pour les pauvres honteux. Si vous vous promenez dans les rues de Namur pendant cette période, vous risquez de les apercevoir, en grands costumes avec leur « Chirlicke » (tirelire) ou leurs listes afin de récolter un maximum d’argent pour alimenter la caisse des pauvres.

Actuellement à Namur, il n’y a pas une fête, un tant soit peu importante, sans que les Molons n’apparaissent, installés sur leurs gradins, fixes ou mobiles ! Ils font partie de la vie namuroise, ils font partie aussi du folklore local.

Plus d’infos sur le site officiel des Molons.

La Compagnie des Zouaves de Malonne

La Compagnie Saint-Berthuin des Zouaves de Malonne a vu le jour en 1898 à l’occasion du 1200e anniversaire de la mort de St-Berthuin, fondateur du village de Malonne. Elle succède ainsi à l’ancienne milice villageoise qui escortait traditionnellement la procession de la châsse de Saint-Berthuin (trésor d’orfèvrerie daté de 1601).

Après une période difficile, le groupe, qui avait résisté à la disparition, a repris son essor en 1970 et connaît aujourd’hui un développement encourageant. Il est possible à chacun de venir marcher une journée ou plus avec la Compagnie. Il s’agit du plus ancien groupe de marche folklorique de la Ville de Namur et surtout du seul groupe de Marche d’Entre-Sambre-et-Meuse namurois.

La Compagnie des Zouaves de Malonne organise la Marche-Procession Saint-Berthuin du week-end de Pentecôte à Malonne. Durant deux jours, les reliques de Saint-Berthuin sont escortées dans les rues du village par près de 200 hommes en uniforme d’époque et les tirs à la poudre noire sont nombreux. Cette manifestation se fait dans la plus pure tradition des Marches Folkloriques d’Entre-Sambre-et-Meuse, Patrimoine Mondial de l’UNESCO.

Le costume de Zouave a été choisi lorsque, aux alentours de 1871, un véritable Zouave (soldat de l’armée française) qui fuyait les combats de Sedan lors de la guerre franco-prussienne a trouvé refuge à Malonne. Ayant abandonné son costume sur place, les malonnois ont choisi de revêtir celui-ci comme le voulait la tradition à ce moment-là dans l’Entre-Sambre-et-Meuse.

Plus d’infos sur le site officiel des Zouaves de Malonne.

La Fanfare Royale Sainte-Barbe et Saint-Laurent de Dongelberg

C’est en 1895 que Dongelberg, petit village du Brabant Wallon réputé pour son industrie florissante (les carrières de quartzite), voit naître La Fanfare Royale Sainte-Barbe et Saint-Laurent de Dongelberg sous la tutelle du Châtelain le Baron Osy de Zeegwaert. Comme la plupart des musiciens étaient carriers, celle-ci fut patronnée par Sainte-Barbe, patronne des ouvriers de la pierre, et de Saint-Laurent, patron de la paroisse.

Plus d’infos sur le site officiel de la Fanfare de Dongelberg.

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