Le folklore au cœur de Namur

Comme chaque année durant les Fêtes de Wallonie, le CCW a à coeur d’entretenir et de perpétuer les traditions populaires. C’est pourquoi différents groupes folkloriques et musicaux sont mis à l’honneur le samedi après-midi dans les rues de Namur. Ils démarreront leur déambulation à travers les quartiers à 13h30.

Comme l’année dernière, les groupes folkloriques se retrouveront pour deux rondeaux finaux. Le premier se tiendra de 16h à 17h sur la Place du Théâtre où aura lieu le Combat de l’Échasse de Bois à 16h et le deuxième se déroulera lui sur la place L’Ilon de 17h à 18h30. L’occasion sera belle de découvrir en un seul endroit toute la diversité de notre folklore. Un moment que l’on promet riche en couleurs !

Par ailleurs, les groupes Folkloriques se produiront aussi sur la Place Saint-Aubain le dimanche 15, de 14h à 16h30 avant le tant attendu combat de l’Echasse d’Or.

Les Echasseurs namurois

Les Échasseurs namurois existent depuis 1411 et depuis lors la tradition de monter sur échasses se perpétue. À tel point que les Échasseurs namurois ont posé l’an dernier leur candidature afin d’être reconnus au patrimoine culturel immatériel de l’humanité auprès de l’UNESCO. Le CCW soutient bien évidemment cette démarche.

Suivant une légende qui remonterait au début du 14e siècle, le noble et puissant Jehan de Flandre alors propriétaire du Comté de Namur, assiégea la ville de Namur et la réduisit par la famine. Le comte Jehan refusa le pardon imploré par les notables de la cité en déclarant « Nenni, Nenni, point de pardon que vous veniez à pied, à cheval, en bateau ou en chariot ». Malicieux, les Namurois se présentèrent au Comte, montés sur des échasses. Compatissant et amusé de cette ruse, ce dernier pardonna.
Mais une version beaucoup plus plausible de ce célèbre jeu est donnée par l’historien Félix Rousseau. Au Moyen-Âge, à chaque crue de la Sambre, de la Meuse ou du Houyoux, les rues de la ville se trouvaient sous eau. Peut-être en pareille circonstance, les Namurois prirent-ils l’habitude de se servir d’échasses.

Comme il arrive souvent, un exercice imposé par la nécessité finit par devenir un sport. C’est à ce jeu que les jeunes faisaient montre de leur force, de leur adresse, de leur agilité. Ils étaient divisés en deux groupes : l’un sous le nom de Mélans groupait ceux de la ville ancienne (le centre historique) et l’autre, les Avresses comprenait ceux nés dans la nouvelle ville (la Neuville). Chaque groupe avait son capitaine et son drapeau et se distinguait par la couleur des échasses : celles des Mélans, jaunes et noires, et celles des Avresses, rouges et blanches. Les combattants n’avaient pour armes que leurs coudes et les coups qu’ils se donnaient échasse contre échasse pour renverser l’adversaire. Les jouteurs s’efforcent de faire tomber l’adversaire en utilisant divers procédés : bourrades de l’épaule, parades de coudes, côps d’pougn è stoumac, blocages de l’échasse, génuflexions et bien d’autres.

Très populaires, les combats de masses, qui pouvaient rassembler parfois plus d’un millier d’échasseurs sur le Marché St-Rémy, furent à maintes reprises interdits par les autorités locales, qu’elles fussent autrichiennes, espagnoles… ou namuroises. Par ailleurs, beaucoup de grands personnages ont assisté avec ferveur à des combats d’apparat organisés par l’échevinage en l’honneur de leurs hôtes de marque comme Philippe le Bon, Charles Quint, Pierre Le Grand, Louis XIV, Bonaparte ou le roi Léopold Ier.
Aujourd’hui, les deux compagnies d’échasseurs, montant des échasses identiques à celles de leurs ancêtres, joutent en diverses occasions tant à Namur qu’à l’étranger. Ils participent à de nombreuses manifestations internationales folkloriques.

Les Alfers namurois 

Le jeu du drapeau est d’origine militaire. Au XVIe et XVIIe siècle, durant la période des Pays-Bas espagnols, puis autrichiens (sous Charles Quint, Philippe II, Albert et Isabelle, Philippe IV, Charles II et Charles VI), chaque compagnie d’infanterie possédait un drapeau particulier confié à un officier : le porte-drapeau. Au cours des parades, le porte-enseigne « jouait du drapeau ».

Le jeu, confié à une belle et noble personne, était considéré comme un art véritable. Il y a l’usage italien (le plus ancien), espagnol, autrichien, allemand, suisse, etc., usages qui ont laissé des traces dans le folklore de ces divers pays. Le jeu du drapeau, en vigueur dans le Namurois, le Brabant et en Flandre, dérive de 500 ans de pratique quasi continue. Le nom traditionnel du joueur de drapeau est Alfer ou Alfere. En vieux français, il se disait Alfier ou Alfiere comme il se nommait en Italie. Ce terme dérive certainement depuis l’antiquité ou le porte-enseigne (de l’aigle) dans les légions romaines s’appelait l’Aquilifer.

Le jeu du drapeau est un exercice splendide. Pratiqué dans les fêtes namuroises depuis 60 ans, il est exécuté à la fois par plusieurs Alfers, en costume du XVIIe siècle. Il s’exécutait au son d’un vieil air traditionnel, qui semble remonter au XVIIe siècle. Le jeu traditionnel de Namur, pratiqué avec de grands drapeaux, ne présentant pas de figures lancées, comme leurs homologues italiens, témoigne de l’ancienneté du jeu. Depuis 2007, un deuxième jeu plus aérien a été développé. Celui-ci permet aux Alfers de lancer leurs drapeaux de plusieurs manières. Ils ont été appréciés en France, en Louisiane et à Taiwan.

La Frairie royale des Masuis et Cotelis jambois

La cité mosane de Jambes (Namur) a présenté pendant des siècles un aspect rural très prononcé. Sur les coteaux, les Masuis cultivaient la vigne et le houblon alors que sur les bords de Meuse, les Cotelis s’adonnaient à la culture maraîchère. C’est au début de 1960 sous la houlette de Messieurs Mosseray et Briac que fut créé le groupe folklorique. Son objectif principal est de ressusciter et de maintenir par la danse les traditions ancestrales de la région. Copiés et dessinés d’après des tableaux et des gravures exposés au Musée de Groesbeeck de Croix à Namur, les costumes sont ceux qui se portaient les dimanches et jours de dicausses au 18e siècle.

Le répertoire de danses est très varié. Axé principalement sur la danse traditionnelle de Wallonie, le groupe fait revivre matelotes, quadrilles, passe-pied et autres pas traditionnels, en veillant à conserver leur esprit et exactitude. Les musiques interprétées ont pour la plupart été retrouvées dans des carnets de ménétriers, et spécialement pour notre région, dans les carnets d’un musicien jambois, Monsieur Van Den Bril. Certaines chorégraphies ont été créées pour figurer dans le cadre de pièces de théâtre wallon, de même que pour accompagner des musiques composées par E. Montellier. Au répertoire : Branle de Mariembourg, Maclotte Jamboise, Valse de Wallonie, Quadrille d’Honneur de Sclayn et d’autres.

Les Molons – Société royale Moncrabeau

La Royale Moncrabeau est probablement la société folklorique la plus ancienne de la Wallonie, car si elle fut fondée en 1843, ses origines remontent à la fin du 18e siècle. Moncrabeau, étant une société chantante, se devait de posséder son orchestre. Elle eut comme premier directeur musical le musicien aveugle Nicolas Bosret, qui a joué un rôle de tout premier plan dans l’organisation et les orientations de la société.
Les Molons restent fidèles à leur devise, plaisir et charité, dignes successeurs de 1843, ils sont fiers, à juste titre, de servir sous la bannière de ces semeurs de joie et de réconfort. Servir, car la société Moncrabeau n’a jamais failli à son devoir envers les pauvres, et cela depuis plus de 150 ans. À plusieurs reprises, les Molons ont fait preuve d’un véritable héroïsme, notamment au cours des épidémies de choléra en 1849 et en 1866.

En septembre, ils organisent la quinzaine de collecte pour les pauvres honteux. Si vous vous promenez dans les rues de Namur pendant cette période, vous risquez de les apercevoir, en grands costumes avec leur Tchirlicke (tirelire) ou leurs listes afin de récolter un maximum d’argent pour alimenter la caisse des pauvres.

Actuellement à Namur, il n’y a pas une fête, un tant soit peu importante, sans que les Molons n’apparaissent, installés sur leurs gradins, fixes ou mobiles ! Ils font partie de la vie namuroise, ils font partie aussi du folklore local.

La Compagnie des Zouaves de Malonne

La Compagnie Saint-Berthuin des Zouaves de Malonne a vu le jour en 1898 à l’occasion du 1200e anniversaire de la mort de St-Berthuin, fondateur du village de Malonne. Elle succède ainsi à l’ancienne milice villageoise qui escortait traditionnellement la procession de la châsse de St-Berthuin (trésor d’orfèvrerie daté de 1601).

Après une période difficile, le groupe, qui avait résisté à la disparition, a repris son essor en 1970 et connaît aujourd’hui un développement encourageant. Il est possible à chacun de venir marcher une journée ou plus avec la Compagnie. Il s’agit du plus ancien groupe de marche folklorique de la Ville de Namur et surtout du seul groupe de Marche d’Entre-Sambre-et-Meuse namurois.

La Compagnie des Zouaves de Malonne organise la Marche-Procession Saint-Berthuin du week-end de Pentecôte à Malonne. Durant deux jours, les reliques de Saint-Berthuin sont escortées dans les rues du village par près de 200 hommes en uniforme d’époque et les tirs à la poudre noire sont nombreux. Cette manifestation se fait dans la plus pure tradition des Marches Folkloriques d’Entre-Sambre-et-Meuse, Patrimoine Mondial de l’UNESCO.

Le costume de Zouave a été choisi lorsque, aux alentours de 1871, un véritable Zouave (soldat de l’armée française) qui fuyait les combats de Sedan lors de la guerre franco-prussienne a trouvé refuge à Malonne. Ayant abandonné son costume sur place, les malonnois ont choisi de revêtir celui-ci comme le voulait la tradition à ce moment-là dans l’Entre-Sambre-et-Meuse.

Alba Pipe Band

L’Alba pipe band fut créé au début de l’année 2016. Soucieux de respecter, de faire vivre et de communiquer la tradition écossaise, ce pipe band a tout naturellement choisi Alba comme nom car il signifie Écosse en ancien gaélique.

Le groupe se compose de pipers (cornemuses) et de drummers (percussions) et qui portent des kilts aux tartans diversifiés.

La Fanfare Royale Ste Barbe et St Laurent de Dongelberg

Le 1er Régiment d’Infanterie des États Belgique – Unis dit de Namur représente une troupe de la Révolution de Belgique. Le régiment compte soldats, officiers et cantinières et défile au son du fifre et du tambour.
Il tire des salves et exécute des charges à la baïonnette. Ils sont habillés en bleu suivant la tradition de l’époque. L’uniforme est une reconstitution aussi fidèle que possible des tenues de 1789-90. Ce régiment s’est joint aux autres combattants au 18e siècle pour échapper au joug autrichien.

La Pastourelle

C’est en janvier 1994 que des danseurs issus du Namurois décident de créer un nouveau groupe de danses. Où l’espace de décision sera partagé par tous, où les danses seront choisies en fonction des attentes de tout un chacun. Leur répertoire de danses folkloriques et populaires comprend un choix des danses de Wallonie du 19e et début du 20e siècle.

Alizes 78

Alizes 78 est une compagnie antillaise de danses traditionnelles qui fut fondée en 2006 par Michel Sioul, son président et chorégraphe dans le but de promouvoir les arts et folklores des Antilles, de la Guyane de l´Océan Indien (Ile Maurice et Réunion). La compagnie se renforce par l’arrivée de nouveaux membres d’origines diverses qui s’investissent dans les différentes activités. À ce jour, la troupe regroupe une vingtaine d’adhérents et se révèle être une véritable compagnie de danses traditionnelles.

La Drumfanfare Eska

La fanfare Eska nous vient tout droit de Bemmel aux Pays-Bas. Elle participe depuis 1958 à des défilés et spectacles tant à la maison qu’ à l’étranger.

le DMA Band

Depuis sa création à Bassenge (Liège) en 1994, le DMA Band s’est forgé une réputation européenne en se produisant dans plusieurs festivals tels que celui de Fanfare Internationale de San Sebastian en Espagne ou ceux de Condom, Montréal, Veauche, Bessines ou Rochechouart en France, dans lesquels il s’est plusieurs fois imposé, remportant ainsi de nombreux prix. Le DMA Band a notamment remporté le titre de champion de Belgique au Festival de Bandas de Dalhem en 2006. Et cette année, ils ont été sacrés Champions d’Europe au Festival International de Bandas à Condom.

Au fil des années, le DMA Band s’est constitué un répertoire hors du commun proposant ainsi au public pas moins d’une centaine de morceaux de variété (française et anglaise) inspirés tant du disco que du pop-rock actuel.

L’Harmonie Royale de Mellet

L’Harmonie Royale de Mellet fut fondée en 1893 par quelques musiciens passionnés et évolua jusqu’en 1940 sous le nom de Fanfare. C’est en 1963 que la Société reçoit le titre de Royal et devient Harmonie Royale de Mellet.

En 1984, la direction musicale de la société est confiée à Francis Henin, jeune et talentueux chef ayant de nombreux prix à son palmarès. Sous son impulsion, l’Harmonie prend un nouvel essor et participe dès lors à différents concours d’harmonies, se maintenant depuis lors en catégorie Excellence.

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