Pélerinage du souvenir
'Po les fiesses di Walonie'
On est contint di yesse Namurwès et rachonés po fièster l'Walonie, nos v'lans mostrez qu'à Nameur, on a bonne sov'nance des bravès d'jins qu'ont d'né leu vîye po z'aurder noss plac' au solia,
et li drwèt d'tchanter po nos èfants.
François Bovesse entend conformément au vœu de l'Assemblée Wallonne, rendre hommage aux défenseurs de la patrie, à ceux qui sont morts en 1830 et en 14-18.
Le dimanche 30 septembre 1923, un cortège composé de sociétés locales et de groupements wallons venus d'autres régions, se rend au cimetière de la ville. Au nom de son comité, François Bovesse y prononce un discours proclamant l'identité wallonne, sans haine des autres cultures : Soyons de chez nous !
- "Tous les Wallons...qui ont souffert,...ont supporté leur misère et consenti leur souffrance parce qu'ils avaient dans les yeux l'image de leur terre, de leurs rivières, de leurs coteaux, de leurs clochers, parce qu'ils avaient dans l'oreille la chanson de nos patois et du français leur frère, parce qu'ils avaient dans leur âme les traditions de chez nous."
Depuis 1923, cette démarche, militaire et patriotique est tournée vers les nations alliées de la guerre 14-18, (Canada, Etats-Unis d'Amérique, France, Grande-Bretagne, Italie et Russie) et honore aussi les patriotes qui ont fondé la Nation belge en 1830, notamment les "Gens de Vedrin" et le drapeau avec lequel ils sont revenus de Bruxelles après la révolution.
Après la seconde guerre mondiale, en plus des militaires, on honore les membres de la société civile : résistants, otages fusillés, victimes de bombardements, prisonniers politiques...et également des namurois qui ont marqué notre histoire et les fêtes de Wallonie.
Chaque année, un message de patriotisme et de paix est transmis et depuis l'an 2000 une place prépondérante est donnée aux enfants pour exprimer le sens de la cérémonie.
Des instituteurs choisissent comme projet pédagogique la rencontre avec des aînés, belges, immigrés, qui ont connu peur, violence, détention, souffrance pour garder leur liberté.
Tout ce travail d'évocation est prolongé durant l'année par la discussion, la réflexion, l'écriture, la création d'un jeu scénique et ne peut que susciter une véritable prise de conscience de ce qu'ont pu vivre des générations précédentes afin de leur permettre à eux de vivre en citoyens libres.
Associer les jeunes à la montée des couleurs, au dépôt des gaillardes (emblème des révolutionnaires de 1830) sur les tombes c'est rappeler à chacun l'identité wallonne et les valeurs qui animaient son fondateur, à travers ceux qui y ont consacré une partie importante de leur vie, en croyant à un projet de liberté, d'égalité et de solidarité.
Cette année, la réunion de tous ces 'échasseurs' -'échassiers' venus de partout pour fêter le 600ème anniversaire de notre folklore namurois se veut par sa participation à la cérémonie un symbole du désir de paix qui devrait animer tout homme, de quelque continent qu'il soit.












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